Une femme senior échange avec une professionnelle de santé dans un cabinet lumineux.

Zona : symptômes, traitement et vaccin

Le zona associe souvent une douleur et des petites cloques d’un seul côté du corps. Ce guide explique comment reconnaître ses symptômes, quand consulter en urgence et comment traiter les douleurs. Il précise aussi qui peut bénéficier du vaccin recombinant et de son remboursement en France.

Une brûlure sur un côté du thorax, une peau devenue douloureuse au contact du vêtement, puis de petites cloques : le zona peut commencer discrètement. Il correspond au réveil du virus de la varicelle, parfois plusieurs décennies après l’infection initiale. La plupart des formes cutanées guérissent, mais certaines localisations et certaines douleurs nécessitent une prise en charge rapide. [1] [2]

Reconnaître les symptômes du zona permet surtout de ne pas perdre de temps. Un traitement antiviral peut être indiqué, idéalement dans les trois premiers jours de l’éruption. Une atteinte près de l’œil impose un avis urgent. Et si la douleur persiste après la disparition des boutons, elle mérite un traitement spécifique : elle ne signifie pas forcément que le virus reste actif. [2] [4] [8]

La prévention a également changé avec le vaccin recombinant Shingrix. En France, il est recommandé à partir de 65 ans chez les personnes immunocompétentes et dès 18 ans chez les personnes immunodéprimées. Les recommandations et le remboursement présentés ici ont été vérifiés le 03 novembre 2026. [9] [10]

Les points clés

  • Le zona est une réactivation du virus de la varicelle, pas une nouvelle varicelle.
  • Une douleur suivie de vésicules groupées d’un seul côté doit faire consulter rapidement.
  • Un zona du front ou de la paupière, ou des symptômes oculaires, nécessite une évaluation urgente le jour même.
  • Les antiviraux traitent l’épisode aigu, sans garantir l’absence de douleurs persistantes.
  • Le vaccin recombinant est préventif : il ne traite ni une poussée en cours ni une douleur déjà installée. [1] [2] [3] [4] [7] [9]

Pourquoi le virus de la varicelle se réveille-t-il ?

Après une varicelle, le virus varicelle-zona, également appelé VZV, n’est pas totalement éliminé. Il reste au repos dans des ganglions sensitifs, de petites structures nerveuses qui participent à la transmission des sensations. Lorsque les défenses immunitaires qui le contrôlent deviennent moins efficaces, il peut se réactiver et cheminer le long d’un nerf jusqu’à la peau. [1]

Cette réactivation explique la répartition particulière des lésions. Elles occupent généralement un dermatome, c’est-à-dire une zone de peau dont les sensations dépendent d’un même nerf. Sur le thorax, le zona peut ainsi dessiner une bande sur un seul côté, plutôt qu’une éruption dispersée sur tout le corps. [1] [5]

Le risque augmente avec l’âge et en cas d’immunodépression, lorsque les défenses immunitaires sont diminuées par une maladie ou un traitement. Une greffe, certains cancers, une infection par le VIH ou des traitements immunosuppresseurs peuvent modifier ce risque et la gravité de l’épisode. Un zona peut néanmoins survenir chez une personne plus jeune et apparemment en bonne santé. [1] [15]

Il serait réducteur d’attribuer automatiquement un zona au stress ou à la fatigue. Une poussée ne permet pas, à elle seule, de diagnostiquer une maladie sous-jacente. En revanche, des épisodes répétés, une forme très étendue ou un contexte inhabituel peuvent conduire le médecin à rechercher une fragilité immunitaire. [15]

Le VZV appartient à la famille des herpèsvirus, mais il est distinct des virus de l’herpès simplex responsables de l’herpès labial et de l’herpès génital. Le mécanisme de mise au repos puis de réactivation est comparable ; les maladies et les modalités de prévention ne sont pas interchangeables. [5]

Quels sont les symptômes du zona ?

Une douleur qui peut précéder les boutons

Avant l’éruption, une zone de peau peut brûler, picoter ou devenir anormalement sensible. Certains décrivent des élancements ou des décharges électriques. Le simple frottement d’un vêtement devient parfois désagréable. Ces signes précèdent souvent les boutons de quelques jours, avec une fatigue ou un malaise possible. [1] [5]

Sans l’éruption, cette douleur est difficile à interpréter. Selon sa localisation, elle peut évoquer un problème musculaire, une douleur abdominale ou une autre maladie. Il ne faut donc pas conclure seul à un zona pour expliquer une douleur thoracique nouvelle, notamment si elle s’accompagne d’un essoufflement, d’un malaise ou de sueurs : une autre urgence doit être envisagée.

Des petites cloques groupées, généralement d’un seul côté

La peau rougit, puis de petites cloques remplies de liquide apparaissent. Ce sont des vésicules, souvent regroupées en bouquets. La douleur et l’éruption restent habituellement d’un côté du corps et ne franchissent pas la ligne médiane. Le thorax est une localisation fréquente, mais le visage, le dos, un membre ou une région génitale peuvent être concernés. [1] [5]

Cette présentation est caractéristique, pas absolue. Des lésions inhabituelles, plusieurs territoires atteints ou une éruption étendue justifient un examen, particulièrement chez une personne immunodéprimée. Un zona du visage doit être évalué rapidement, sans attendre de savoir si l’œil est déjà touché. [2] [15]

Combien de temps dure un zona ?

De nouvelles vésicules peuvent apparaître pendant les premiers jours. Elles se dessèchent ensuite et forment des croûtes, généralement en une semaine environ. La peau cicatrise le plus souvent en deux à quatre semaines. Des marques pigmentées peuvent persister au-delà de la guérison cutanée. [1] [5]

La douleur ne suit pas toujours le même calendrier. Elle peut disparaître progressivement avec l’éruption, rester gênante pendant plusieurs semaines ou se prolonger davantage. L’intensité initiale et le retentissement sur le sommeil sont des informations importantes à communiquer au médecin. [8]

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Dans une forme typique, l’examen de la peau et le récit des symptômes suffisent généralement. Le médecin précise le début de l’éruption, les zones concernées, l’intensité de la douleur et les éventuels traitements qui diminuent les défenses immunitaires. Il recherche aussi une atteinte de l’œil, de l’oreille ou des nerfs. [2]

En cas de doute, un prélèvement sur une lésion peut être analysé par PCR, une technique qui recherche le matériel génétique du virus. Ce test est notamment utile pour distinguer un zona d’un herpès simplex ou pour une présentation atypique. Une prise de sang recherchant les anticorps de la varicelle ne confirme généralement pas, à elle seule, un zona aigu. [5] [15]

Un zona sans éruption existe, mais il est difficile à identifier. Il ne doit pas devenir l’explication automatique de toute douleur inexpliquée. La recherche d’autres causes reste essentielle, et les examens éventuels dépendent du contexte. [5]

Quand faut-il consulter en urgence ?

Le zona ophtalmique : une urgence à ne pas banaliser

Le zona ophtalmique touche le territoire nerveux du front, de la paupière supérieure et d’une partie du nez. Il peut atteindre la cornée et d’autres structures de l’œil, avec un risque pour la vision. Une éruption douloureuse d’un côté du front ou de la paupière nécessite donc un avis médical urgent, même si l’œil ne semble pas encore atteint. [3] [6]

Un œil rouge ou douloureux, une gêne à la lumière, un larmoiement inhabituel, une vision floue ou une baisse de vision renforcent l’urgence. Il faut consulter le jour même, sans attendre l’évolution spontanée. Une baisse visuelle brutale ou importante impose de contacter les urgences. [3] [6]

Des vésicules sur le bout ou l’aile du nez peuvent annoncer un risque oculaire accru. C’est le signe de Hutchinson. Mais son absence ne protège pas l’œil : il ne faut jamais attendre que le nez soit atteint pour demander un avis. L’antiviral systémique, lorsqu’un zona ophtalmique est suspecté, ne doit pas être retardé par l’attente d’un rendez-vous ophtalmologique. [6]

Les collyres ne remplacent pas cette prise en charge. En particulier, un collyre contenant des corticoïdes ne doit pas être utilisé de sa propre initiative : certains traitements oculaires sont utiles dans des complications précises, mais nécessitent un examen et un suivi spécialisés. [3] [6]

L’oreille, le visage et les formes étendues

Une douleur importante de l’oreille avec des vésicules, une baisse d’audition, des vertiges ou une paralysie d’un côté du visage doit aussi faire consulter immédiatement. Un zona auriculaire associé à une paralysie faciale peut correspondre au syndrome de Ramsay Hunt, qui nécessite une prise en charge spécialisée. [1] [2] [3]

Une consultation urgente est également nécessaire devant une éruption largement étendue, un mauvais état général, une fièvre importante ou des signes neurologiques. En cas de confusion, de raideur de nuque, de faiblesse inhabituelle ou de difficulté à marcher, il faut contacter les urgences. Le seuil d’alerte est particulièrement bas chez les personnes immunodéprimées. [3] [15]

Que faire si tu suspectes un zona ?

Contacte rapidement un médecin et indique quand les premiers boutons sont apparus. Si le front, la paupière, l’œil ou l’oreille sont concernés, signale-le d’emblée. Mentionne une greffe, un cancer, un traitement immunosuppresseur ou une autre fragilité connue. N’attends pas trois jours pour demander un avis : les 72 heures désignent une fenêtre de traitement précoce, pas un délai à respecter avant de consulter. [2] [3] [4]

Infographie sur les douleurs et vésicules unilatérales du zona, la consultation précoce et les signes d’urgence oculaire.
Une éruption douloureuse d’un seul côté doit faire consulter rapidement ; une atteinte du front, de la paupière ou de l’œil nécessite un avis urgent.

Quel traitement contre le zona ?

Les antiviraux : traiter tôt quand ils sont indiqués

Les antiviraux limitent la multiplication du virus pendant la poussée. Ils peuvent réduire la durée et la sévérité de l’épisode aigu. Ils ne suppriment pas le virus dormant des ganglions et ne garantissent pas l’absence de récidive. [4] [5]

La prescription dépend de l’âge, de la localisation, de l’état immunitaire et de la gravité. Elle est particulièrement importante en cas de zona ophtalmique, d’immunodépression ou de forme sévère. Chez un adulte immunocompétent, le risque de complication après 50 ans, une douleur importante ou une éruption étendue pèsent également dans la décision. Un zona limité chez un adulte jeune sans facteur de risque ne relève pas automatiquement du même traitement. [2] [15]

Le valaciclovir, l’aciclovir et le famciclovir sont des options selon le contexte. Le traitement oral est idéalement commencé dans les 72 heures suivant le début de l’éruption, et non trois jours après la première consultation. Les doses et la durée dépendent notamment de la fonction rénale et du statut immunitaire. Il s’agit d’une prescription, pas d’un traitement à reprendre seul dans une ancienne boîte. [4] [5] [15]

Après 72 heures, il faut quand même consulter

Les études soutiennent surtout un début précoce. Le résumé des caractéristiques du produit du valaciclovir précise que les données manquent pour un début au-delà de 72 heures chez l’adulte immunocompétent. Cette limite ne signifie pourtant pas qu’une consultation devient inutile. [4]

Un antiviral peut encore être discuté s’il apparaît de nouvelles vésicules ou en cas de complication oculaire ou neurologique. Chez l’immunodéprimé, les indications et les délais sont adaptés. Une forme disséminée ou grave peut nécessiter l’hospitalisation et de l’aciclovir intraveineux. Le choix appartient au médecin, avec un avis spécialisé si nécessaire. [4] [5] [15]

Soulager la douleur et prendre soin de la peau

Le traitement de la douleur accompagne celui de l’infection. Le paracétamol peut être proposé en respectant la dose adaptée à la personne, ses maladies et les autres médicaments pris. Une douleur intense, un sommeil très perturbé ou une douleur de type électrique peuvent nécessiter une stratégie différente. Il ne faut pas attendre que la souffrance devienne insupportable pour le signaler. [2] [8]

En France, l’Assurance Maladie déconseille l’automédication par anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, dans ce contexte infectieux. Les corticoïdes ne sont pas un traitement courant à commencer soi-même et ne préviennent pas les névralgies post-zostériennes. Certaines complications peuvent justifier leur usage sous surveillance spécialisée. [2] [3] [5]

Pour la peau, privilégie une toilette douce, un séchage sans frottement et des vêtements souples. Ne perce pas les vésicules et évite les produits irritants, les poudres et les applications multiples sans conseil. Une protection adaptée peut limiter les frottements et couvrir les lésions. Des antibiotiques ne sont utiles qu’en cas de surinfection bactérienne, pas pour traiter le VZV lui-même. [2] [3]

Le zona est-il contagieux ?

On ne « transmet » pas directement un zona. En revanche, le liquide des vésicules contient le virus varicelle-zona. Une personne qui n’est pas immunisée contre la varicelle peut contracter une varicelle après exposition. La période contagieuse dure jusqu’à ce que toutes les lésions soient sèches et croûteuses. [3]

Couvre les lésions lorsque c’est possible, évite de les toucher et lave-toi les mains après les soins. Ne partage pas les serviettes. Tant que les vésicules sont présentes, évite les contacts directs avec les femmes enceintes non immunisées, les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées. Les formes disséminées nécessitent des précautions plus strictes, définies par l’équipe soignante. [3] [15]

Si une personne vulnérable non protégée a été exposée, elle doit demander rapidement un avis médical : une prévention après exposition peut être nécessaire selon sa situation. Le vaccin contre le zona n’est pas le vaccin destiné à prévenir une première varicelle. [3] [11]

Pourquoi la douleur peut-elle persister après le zona ?

Une douleur liée aux nerfs, pas seulement à la peau

Le zona provoque une inflammation et parfois une lésion des voies nerveuses sensitives. Même lorsque la peau a cicatrisé, elles peuvent continuer à produire des messages douloureux. On parle de douleur neuropathique, c’est-à-dire liée à une atteinte du système nerveux qui transmet les sensations. [8]

La douleur peut prendre la forme de brûlures, de coups d’aiguille ou de décharges électriques. Le contact d’un drap peut devenir douloureux alors qu’il ne devrait pas l’être : c’est l’allodynie. Cette douleur est réelle, même lorsque les boutons ont disparu et que la peau paraît normale. [5] [8]

Le terme de névralgie post-zostérienne désigne habituellement une douleur qui persiste au moins trois mois après le début de l’éruption, même si les définitions varient selon les études. Il n’est pas nécessaire d’attendre ce délai pour se faire soigner. L’âge élevé, une douleur initiale forte et une éruption sévère augmentent le risque. [5] [8]

Les traitements doivent être adaptés et réévalués

Selon la localisation et le profil de la personne, le médecin peut proposer un traitement local à base de lidocaïne sur peau cicatrisée, ou des médicaments agissant sur la douleur neuropathique. La gabapentine, la prégabaline et certains antidépresseurs peuvent être utilisés dans ce but. Un antidépresseur prescrit ici ne signifie pas que la douleur est « psychologique ». [8]

Ces traitements demandent souvent une augmentation progressive des doses. Ils peuvent provoquer une somnolence, des vertiges ou des effets gênants, particulièrement chez une personne âgée. La fonction rénale, le risque de chute et les associations médicamenteuses doivent être pris en compte. Certains traitements, comme les patchs concentrés de capsaïcine, nécessitent l’intervention d’un professionnel. Ils ne s’appliquent pas sur les vésicules actives. [8]

Le suivi porte aussi sur le sommeil, les activités et l’isolement. Une douleur qui empêche de s’habiller, de dormir ou de sortir justifie une réévaluation. Si les traitements usuels ne suffisent pas, une consultation spécialisée de la douleur peut être utile. Les techniques interventionnelles ne constituent pas une garantie de guérison ; leur niveau de preuve reste variable. [8]

Traiter tôt ne garantit pas d’éviter cette complication

Il faut distinguer le bénéfice des antiviraux sur l’épisode aigu de leur effet sur les douleurs plusieurs mois plus tard. Une revue Cochrane n’a pas montré de réduction significative de la fréquence des névralgies post-zostériennes avec l’aciclovir oral ; les preuves étaient insuffisantes pour conclure pour les autres antiviraux évalués. [7]

La bonne formulation n’est donc pas « pris à temps, le traitement empêche les douleurs chroniques ». Il reste important de traiter lorsque cela est indiqué, puis de reconnaître et prendre en charge une douleur persistante. Cette complication peut survenir malgré un traitement correctement suivi. [7] [8]

Le vaccin contre le zona : ce qui change en France

Ce qui change — le vaccin recombinant

Shingrix est un vaccin recombinant avec adjuvant, non vivant. Il contient une protéine du virus et une substance qui renforce la réponse immunitaire. Cela permet notamment de l’utiliser chez les personnes immunodéprimées concernées par la recommandation, contrairement aux contraintes d’un vaccin vivant. L’ancien vaccin Zostavax n’est plus disponible en France depuis juin 2024. [9] [10] [11]

Au 26 octobre 2026, la vaccination est recommandée chez les adultes immunocompétents de 65 ans et plus, et chez les adultes immunodéprimés de 18 ans et plus. Le vaccin est remboursé à 65 % dans ces indications. Une autorisation européenne dès 50 ans ne signifie pas une recommandation générale ni un remboursement de tous les adultes français de 50 à 64 ans. [9] [10] [11] [12]

Qui doit envisager cette vaccination ?

À partir de 65 ans, la recommandation concerne aussi les personnes qui se sentent en bonne santé. La prévention ne se limite donc plus à celles qui ont déjà eu un zona ou qui présentent une maladie particulière. Avant cet âge, la recommandation française vise notamment les adultes immunodéprimés dès 18 ans ; toute maladie chronique ne suffit pas automatiquement à entrer dans cette catégorie. [9]

Un traitement susceptible de diminuer l’immunité est une occasion de discuter du calendrier vaccinal avec l’équipe soignante, idéalement avant son début. Il ne faut ni interrompre ni retarder seul un traitement important pour organiser la vaccination. [9]

Quelle protection peut-on attendre ?

Dans l’essai ZOE-70, réalisé chez des adultes de 70 ans et plus avec deux doses, le vaccin a réduit d’environ 90 % le risque de zona par rapport au placebo pendant un suivi moyen de 3,7 ans. Ce résultat décrit une réduction relative dans une étude contrôlée, pas une protection individuelle absolue ou définitive. L’essai a également montré une protection contre les névralgies post-zostériennes dans l’analyse groupée des participants de 70 ans et plus. [14]

Le vaccin ne rend donc pas un zona impossible. Il vise à diminuer sa survenue et celle de ses complications. Il ne traite pas une poussée en cours, une douleur déjà installée ou une première varicelle. Les données chez les personnes immunodéprimées ne doivent pas être résumées par un chiffre unique emprunté aux essais chez des adultes immunocompétents. [9] [11]

Deux doses, avec un calendrier à respecter

Le schéma habituel comporte deux injections intramusculaires, la première puis la seconde deux mois plus tard. Si nécessaire, cette seconde dose peut être administrée entre deux et six mois après la première. Si le délai est dépassé, on ne recommence pas toute la série : il faut recevoir la dose manquante. [9] [11]

Avant une immunosuppression prochaine, le calendrier peut être raccourci sur décision médicale. La HAS permet notamment un intervalle d’un mois dans cette situation et recommande, si possible, de terminer la vaccination idéalement quatorze jours avant le traitement. La nécessité d’un rappel après un schéma complet n’est pas actuellement établie. [9]

Peut-on se vacciner après avoir eu un zona ?

Oui, car un premier épisode n’empêche pas une récidive. Pour les personnes appartenant aux groupes recommandés, la HAS préconise habituellement un schéma complet de deux doses après un délai d’au moins un an depuis le dernier zona. Certaines situations, comme des récidives ou une immunosuppression prochaine, peuvent permettre une vaccination dès la guérison, sur avis médical. [9] [10]

Une vaccination ancienne par Zostavax ne dispense pas automatiquement de Shingrix. La recommandation française prévoit également deux doses de Shingrix après un délai minimal d’un an. [9]

Effets indésirables et précautions

Une douleur au point d’injection, de la fatigue, des douleurs musculaires, des frissons ou de la fièvre peuvent survenir. Ces réactions sont généralement transitoires, mais peuvent être assez marquées pour gêner les activités pendant quelques jours. L’absence de réaction ne signifie pas que le vaccin n’a pas fonctionné. [11]

Une allergie à un composant constitue une contre-indication. Une maladie fébrile aiguë sévère justifie un report. En raison de données insuffisantes, il est préférable de ne pas utiliser Shingrix pendant la grossesse ; une situation d’allaitement se discute avec l’équipe soignante. Une réaction allergique avec difficulté à respirer ou gonflement du visage nécessite une prise en charge urgente. [10] [11]

Le remboursement, vérifié au 26 octobre 2026

En France, Shingrix est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie pour les personnes de 65 ans et plus et les adultes immunodéprimés dès 18 ans, dans le cadre des recommandations en vigueur. Cette prise en charge est effective depuis le 14 décembre 2024. Une présentation en seringue préremplie a également été inscrite au remboursement en avril 2026, sans élargir les groupes concernés. [10] [12] [13]

Ce taux ne signifie pas une gratuité systématique. Une complémentaire peut couvrir tout ou partie du reste à charge selon le contrat ; l’acte d’injection suit ses propres règles de prise en charge. Le prescripteur ou le pharmacien peut préciser la situation individuelle. Une simple autorisation de mise sur le marché dans une tranche d’âge plus large ne suffit pas à ouvrir un droit au remboursement. [11] [12]

Infographie présentant Shingrix dès 65 ans ou dès 18 ans en cas d’immunodépression, deux doses et le remboursement à 65 % dans les indications recommandées.
En France, le vaccin recombinant est recommandé dès 65 ans, ou dès 18 ans en cas d’immunodépression ; le schéma habituel comporte deux doses. Situation vérifiée le 26 octobre 2026.

Un rendez-vous utile pour faire le point sur la prévention

La discussion sur le zona peut être l’occasion de revoir le calendrier vaccinal dans son ensemble, sans confondre les indications de chaque vaccin. L’article sur la vaccination contre le pneumocoque chez les seniors aborde un autre volet de la prévention après 65 ans. Celui consacré à la coqueluche aide à comprendre une maladie dont la prévention répond à d’autres enjeux, notamment la protection des nourrissons.

Ces lectures complètent l’information, mais le calendrier individuel doit être confronté aux recommandations actuelles et aux vaccinations déjà reçues. Un vaccin contre le zona ne protège ni contre le pneumocoque ni contre la coqueluche.

À retenir

Le zona est une maladie de la peau et des nerfs. Son signe le plus évocateur est une douleur associée à des vésicules groupées d’un seul côté. Consulter tôt permet d’évaluer le besoin d’un antiviral et de traiter la douleur ; une localisation près de l’œil change immédiatement le niveau d’urgence. [1] [2] [3] [4]

Après la guérison cutanée, une douleur persistante ne doit pas être banalisée. Elle peut être prise en charge, avec une stratégie ajustée et réévaluée. Enfin, le vaccin recombinant non vivant offre une prévention importante pour les groupes recommandés en France. Le bon réflexe reste d’en parler avec un professionnel, même après un ancien épisode de zona. [8] [9] [10] [11]

Références

[1] Assurance Maladie. Le zona ou la réactivation du virus de la varicelle. Mise à jour du 10 avril 2024. Lire la source.

[2] Assurance Maladie. Zona : la consultation, le traitement et la prévention par la vaccination. Mise à jour du 17 novembre 2025. Lire la source.

[3] Assurance Maladie. Zona : que faire ? Mise à jour du 10 avril 2024. Lire la source.

[4] Base de données publique des médicaments. Zélitrex 500 mg, comprimé pelliculé : résumé des caractéristiques du produit. Mise à jour du 20 mai 2026. Lire le RCP.

[5] Saguil A, Kane S, Mercado M, Lauters R. Herpes Zoster and Postherpetic Neuralgia: Prevention and Management. American Family Physician. 2017;96(10):656–663. Lire l’article.

[6] Litt J, Cunningham AL, Arnalich-Montiel F, Parikh R. Herpes Zoster Ophthalmicus: Presentation, Complications, Treatment, and Prevention. Infectious Diseases and Therapy. 2024;13(7):1439–1459. doi:10.1007/s40121-024-00990-7. Lire l’article.

[7] Chen N, Li Q, Yang J, Zhou M, Zhou D, He L. Antiviral treatment for preventing postherpetic neuralgia. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2014;(2):CD006866. doi:10.1002/14651858.CD006866.pub3. Lire la revue.

[8] Adriaansen EJM, et al. 8. Herpes zoster and post herpetic neuralgia. Pain Practice. 2025;25(1):e13423. doi:10.1111/papr.13423. Lire la revue.

[9] Haute Autorité de santé. Recommandations vaccinales contre le zona : place du vaccin Shingrix. 29 février 2024. Lire les recommandations.

[10] Santé publique France. Zona. Vaccination Info Service. Mise à jour du 28 avril 2025. Lire la fiche.

[11] Agence européenne des médicaments. Shingrix : informations sur le produit, résumé des caractéristiques du produit et notice en français. Version consultée le 26 octobre 2026. Lire le document.

[12] Ministère chargé de la Santé. Arrêté du 5 décembre 2024 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux. Journal officiel du 10 décembre 2024. Lire l’arrêté.

[13] Ministère chargé de la Santé. Arrêté du 21 avril 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux. Journal officiel du 23 avril 2026. Lire l’arrêté.

[14] Cunningham AL, et al. Efficacy of the Herpes Zoster Subunit Vaccine in Adults 70 Years of Age or Older. New England Journal of Medicine. 2016;375:1019–1032. doi:10.1056/NEJMoa1603800. Lire l’étude.

[15] VIDAL. Zona. VIDAL Recos. Synthèse de recommandations, mise à jour le 22 octobre 2024, consultée le 26 octobre 2026. Lire la synthèse.

Article rédigé par le Dr Michel Bensadoun, L’auteur ne déclare aucun conflit d’intérêts concernant cet article.

Note : Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle, notamment pour l’assistance à la rédaction et à l’illustration. Le contenu a été soigneusement relu, validé et complété par l’auteur pour garantir sa fiabilité et sa pertinence.

Important : Cet article n’a pas vocation à remplacer une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite une prise en charge individualisée.

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