Homme pensif devant une table avec des aliments riches en cholestérol et une boîte de statines.

Cholestérol 2026 : qui croire ?

Introduction : La rupture

On vous a dit pendant 30 ans que le cholestérol était votre ennemi. Que les œufs étaient dangereux. Que les statines allaient vous détruire les muscles. Que si vous faisiez du sport et un régime, vous n’en auriez pas besoin. Que c’était simple : LDL = mauvais, HDL = bon.

Tout cela était faux. Ou plutôt : c’était une simplification dangereuse d’une réalité bien plus nuancée.

En 2026, la science a fait un virage complet. Nous ne traitons plus un chiffre sur un bilan sanguin. Nous traitons un risque individuel, basé sur votre génétique, votre inflammation, votre profil de particules lipidiques et votre contexte personnel. C’est la fin de la médecine « taille unique ». C’est l’aube de la médecine de précision.

Cet article n’est pas un plaidoyer pour ou contre les statines. Ce n’est pas une défense du cholestérol. C’est une démystification. Nous allons vous montrer ce que la science sait vraiment, ce qu’elle a découvert récemment, et comment vous devriez vraiment agir en fonction de votre situation.

Préparez-vous à avoir votre vision du cholestérol complètement révisée.

Infographie sur le rôle vital du cholestérol dans le corps humain.
Le cholestérol : un élément vital pour les hormones, les membranes cellulaires, la vitamine D et la digestion.

Ce que vous ne saviez pas sur le cholestérol

1.1 Le cholestérol est indispensable à votre vie

Avant de parler de danger, parlons de nécessité.

Le cholestérol n’est pas une toxine. C’est une molécule que votre corps fabrique chaque jour, que vous en mangiez ou non. Elle est le précurseur de toutes vos hormones sexuelles, de vos hormones de stress, de votre vitamine D. Elle forme la structure de chaque membrane cellulaire de votre corps. Sans cholestérol, vous seriez mort.

Votre foie fabrique environ 80% du cholestérol que vous avez. Votre alimentation n’en apporte que 20%. Et voici le point crucial : si vous mangez plus de cholestérol, votre foie en fabrique moins. C’est un mécanisme d’autorégulation remarquablement efficace.

Alors pourquoi en parlons-nous comme d’un poison ?

Parce que, comme beaucoup de choses en biologie, le problème n’est pas la molécule elle-même. C’est la quantité, le type, et surtout : comment elle se déplace dans votre corps.

1.2 Le vrai problème : les camions, pas la cargaison

Voici une métaphore qui change tout.

Le cholestérol est une cargaison. Les lipoprotéines sont les camions qui la livrent. Chaque camion (LDL, VLDL, IDL, Lp(a)) contient exactement une molécule de protéine appelée ApoB. Cette protéine est la « clé » qui permet au camion d’entrer dans la paroi de vos artères.

Pendant 30 ans, les médecins ont mesuré le poids total de la cargaison (le LDL-cholestérol). Mais ce qui compte vraiment, c’est le nombre de camions. Vous pouvez avoir peu de camions très chargés, ou beaucoup de camions légers. Le deuxième scénario est plus dangereux.

C’est pourquoi l’ApoB est devenu en 2026 un marqueur plus important que le LDL-C. C’est le vrai compte des particules athérogènes.

Message clé à retenir : On ne traite pas un chiffre. On traite un nombre de particules dangereuses.

Illustration comparant deux scénarios de distribution du cholestérol par les lipoprotéines, mettant en évidence l'importance du nombre de particules ApoB.
Le nombre de particules ApoB est un meilleur indicateur de risque que la quantité de LDL-C.

1.3 La Lp(a) : le facteur génétique que vous ignoriez

Maintenant, voici ce qui a vraiment changé la donne.

La Lipoprotéine(a), ou Lp(a), est une forme spéciale de LDL. Elle a une protéine supplémentaire attachée qui la rend :

  • Plus athérogène : elle s’infiltre dans la paroi artérielle plus facilement.

  • Plus inflammatoire : elle déclenche une inflammation chronique.

  • Plus thrombotique : elle favorise la formation de caillots.

Et voici le pire : son taux est déterminé à 90% par vos gènes. Vous pouvez être mince, sportif, végétalien et avoir une Lp(a) très élevée. Vous ne pouvez rien y faire avec le mode de vie.

Environ 1 personne sur 5 dans le monde a une Lp(a) élevée. Cela signifie que 20% de la population porte un facteur de risque génétique majeur qu’elle ignore complètement.

Jusqu’à récemment, nous n’avions aucun traitement pour cela. Aujourd’hui, nous en avons. C’est révolutionnaire.

Infographie expliquant le rôle de la Lp(a) comme facteur génétique de risque cardiovasculaire.
La Lp(a) : un facteur génétique désormais traitable.

1.4 L’inflammation : le feu sous la cendre

L’athérosclérose n’est pas un simple processus de plomberie où les tuyaux se bouchent progressivement. C’est une maladie inflammatoire chronique.

Quand le cholestérol LDL s’oxyde dans la paroi de vos artères, il agit comme une écharde. Votre système immunitaire l’attaque. Cette bataille chronique crée une inflammation qui fragilise la plaque, la rendant susceptible de se rompre. Et c’est la rupture qui cause l’infarctus ou l’AVC.

C’est pourquoi un patient peut avoir un LDL-C modérément élevé mais une inflammation très haute (mesurée par la protéine C-réactive, ou hs-CRP) et avoir un risque plus important qu’un patient avec un LDL-C plus élevé mais sans inflammation.

Les statines, au-delà de leur effet sur le cholestérol, ont un puissant effet anti-inflammatoire. C’est une partie importante de leur efficacité.

1.5 Triglycérides, HDL dysfonctionnel et syndrome métabolique

Pendant que tout le monde regardait le LDL-C, d’autres facteurs ont été négligés.

Les triglycérides, lorsqu’ils sont très élevés (>500 mg/dL), sont un facteur de risque indépendant. Ils sont liés à l’insulinorésistance et à l’accumulation de graisse dans le foie. Un patient avec des triglycérides élevés, un tour de taille augmenté, une tension artérielle élevée et une glycémie perturbée présente un syndrome métabolique, un état qui multiplie considérablement le risque cardiovasculaire.

Le HDL-cholestérol n’est pas aussi protecteur qu’on le croit. Il existe des HDL dysfonctionnels, notamment chez les patients diabétiques ou obèses, qui ne remplissent pas leur rôle protecteur. Un HDL-C élevé ne compense pas un LDL-C très élevé ou une Lp(a) importante.

La vision doit être globale. Le cholestérol n’est qu’un élément parmi d’autres.

Infographie illustrant les sept mythes du cholestérol démythifiés.
Les sept mythes du cholestérol enfin démythifiés pour une meilleure compréhension.

Les mythes qui vous ont trompé

Mythe 1 : « Les œufs et le cholestérol alimentaire sont dangereux »

La vérité : C’est faux pour 80% de la population.

Dès 2015, les directives diététiques américaines ont levé leur plafond sur le cholestérol alimentaire. Pourquoi ? Parce que des décennies de recherche ont montré que pour la majorité des gens, le cholestérol consommé a un impact minime sur le cholestérol sanguin.

Votre foie régule sa production. Si vous en mangez plus, il en fabrique moins.

Le véritable coupable n’est pas le cholestérol alimentaire. C’est l’excès de graisses trans industrielles (présentes dans les produits ultra-transformés) et de sucres raffinés qui dérèglent votre foie et le poussent à produire plus de LDL-C.

Les œufs contiennent du cholestérol, certes. Mais ils contiennent aussi de la choline, du sélénium et des protéines de haute qualité. Une consommation modérée (jusqu’à 6 par semaine) est sans danger pour la majorité des gens.

L’exception : Les patients avec hypercholestérolémie familiale, qui sont génétiquement plus sensibles, peuvent bénéficier d’une restriction.

Mais pour le citoyen moyen, la peur du cholestérol alimentaire a gâché les petits-déjeuners de millions de personnes.

Mythe 2 : « Les statines sont des poisons »

La vérité : Les statines sauvent des millions de vies.

Ce mythe a la vie dure. Alimenté par des vidéos YouTube alarmistes et des forums internet, il persiste. Mais les données sont claires.

Les statines sont parmi les médicaments les plus étudiés au monde. Avec un recul de plus de 30 ans et des milliards de patients traités, elles ont un profil de sécurité remarquable.

Oui, elles ont des effets secondaires. Mais regardons les chiffres :

  • Rhabdomyolyse (destruction musculaire sévère) : 1 pour 100 000 patients-années. C’est extrêmement rare.

  • Douleurs musculaires (myalgies) : Plus fréquentes, mais largement dues à un effet nocebo (la conviction d’avoir un effet secondaire le provoque).

  • Risque de diabète : Réel mais faible. Environ 1 cas pour 255 patients traités pendant 4 ans. Mais ce même groupe voit 54 infarctus ou AVC évités.

C’est une question de balance bénéfice-risque.

Pour un patient qui a déjà eu un infarctus ou un AVC, cette balance penche massivement en faveur du traitement. Pour un patient en bonne santé à très faible risque, la décision doit être plus individualisée et discutée avec son médecin.

Mais dire que les statines sont des poisons est une affirmation dangereuse qui coûte des vies.

Mythe 3 : « Un régime et du sport suffisent toujours »

La vérité : C’est faux quand la génétique est contre vous.

Un mode de vie sain est le fondement indispensable de la prévention cardiovasculaire. Mais il ne peut pas tout.

Si vous avez une hypercholestérolémie familiale ou une Lp(a) très élevée, l’origine est génétique. Aucune quantité de sport ou de régime ne peut compenser. Vous pouvez être un marathonien végétalien qui dort 8 heures par nuit et médite quotidiennement. Vous ne pouvez pas « faire du sport » contre vos gènes.

En prévention secondaire (après un infarctus ou un AVC), le risque de récidive est si élevé que le traitement médicamenteux est non négociable. C’est comme dire à quelqu’un qui a eu un cancer : « Avec du yoga et une bonne alimentation, vous n’aurez pas besoin de chimiothérapie. » C’est un faux choix.

La vraie approche est combinée : hygiène de vie + pharmacothérapie adaptée au risque.

Mythe 4 : « Les alternatives naturelles sont meilleures »

La vérité : Le naturel n’est pas automatiquement meilleur.

La levure de riz rouge contient de la monacoline K, chimiquement identique à la lovastatine, une statine. C’est donc une statine « naturelle », mais avec un dosage non contrôlé et sans garantie de pureté.

La berbérine a un effet modeste sur le LDL-C (15-20% de réduction), mais insuffisant pour les patients à haut risque.

Ces produits peuvent avoir leur place pour des patients à très faible risque refusant un traitement conventionnel. Mais ils ne sont pas des substituts aux traitements validés par des essais cliniques rigoureux.

La morphine est naturelle. L’arsenic aussi. Ce qui compte, c’est l’efficacité, la sécurité et la pureté.

Mythe 5 : « Le cholestérol ne concerne que les personnes âgées »

La vérité : L’athérosclérose commence dès l’enfance.

Des autopsies de soldats morts à la Seconde Guerre mondiale ont montré des plaques d’athérosclérose chez des hommes de 20 ans.

Le dépistage et le traitement de l’hypercholestérolémie familiale dès le jeune âge sont cruciaux pour éviter un accident cardiovasculaire à 30 ou 40 ans. Le dosage de la Lp(a) est recommandé une fois pour tous, quel que soit l’âge.

Mythe 6 : « Les femmes sont protégées »

La vérité : C’est la première cause de mortalité chez les femmes.

Les femmes sont protégées par leurs hormones avant la ménopause. Après, leur risque explose et rattrape celui des hommes.

Malheureusement, elles sont souvent sous-diagnostiquées et sous-traitées. Leurs symptômes d’infarctus sont parfois atypiques (douleur à la mâchoire, fatigue extrême, plutôt que la douleur thoracique classique).

Cette invisibilité médicale est un problème de santé publique majeur.

Mythe 7 : « Seul le LDL compte »

La vérité : Le LDL-C seul est un marqueur imparfait.

L’ApoB compte plus. La Lp(a) est un facteur de risque majeur et indépendant. Les triglycérides, lorsqu’ils sont très élevés, sont un facteur de risque indépendant. L’inflammation joue un rôle crucial.

La vision doit être globale et multifactorielle.

Infographie sur l'arsenal thérapeutique du cholestérol de 1987 à 2026.
Évolution des traitements contre le cholestérol jusqu’en 2026.

Partie 3 : La révolution thérapeutique

3.1 Les fondations : statines et au-delà

Les statines restent la pierre angulaire. Efficaces, peu coûteuses, avec 30 ans de recul.

L’ézétimibe, qui inhibe l’absorption intestinale du cholestérol, ajoute 15-20% de réduction du LDL-C. L’acide bempédoïque offre une option pour les patients intolérants.

3.2 Les inhibiteurs de PCSK9 : du laboratoire à votre poche

Les inhibiteurs de PCSK9 empêchent la destruction des récepteurs au LDL, permettant au foie de capter et d’éliminer beaucoup plus de cholestérol.

Les anticorps monoclonaux (alirocumab, evolocumab) réduisent le LDL-C de 50-60% en plus des statines. Ils nécessitent des injections toutes les 2 à 4 semaines.

La grande nouveauté de 2025-2026 : Les inhibiteurs oraux (ex: MK-0616). Des comprimés pris quotidiennement, avec une efficacité similaire. Cela change tout pour l’observance.

3.3 Le Saint-Graal : faire taire la Lp(a)

C’est l’avancée la plus excitante. Les thérapies ARN interférents (siRNA) comme le Lepodisiran interceptent et détruisent l’ARN messager du gène LPA avant qu’il ne soit transformé en protéine.

Les résultats sont spectaculaires : une seule injection peut réduire la Lp(a) de plus de 94% pendant près d’un an.

Les grands essais cliniques (Lp(a) HORIZON, ACCLAIM-Lp(a)) sont en cours pour prouver que cette baisse se traduit par une réduction des infarctus et AVC. Les premiers résultats sont attendus pour 2026-2027.

Cela pourrait changer la face de la cardiologie préventive.

La médecine de précision en action

4.1 Le changement de paradigme

Voici le cœur du message 2026 :

Nous ne traitons plus un chiffre. Nous traitons un profil.

Deux patients avec le même LDL-C peuvent relever de stratégies complètement différentes. L’un peut avoir une Lp(a) très élevée, une inflammation chronique et des antécédents familiaux d’infarctus précoce. L’autre peut avoir une Lp(a) normale, pas d’inflammation et une bonne hygiène de vie.

Le premier a besoin d’un traitement agressif. Le second peut bénéficier d’une approche plus conservatrice.

C’est la fin de la médecine « taille unique ». C’est l’aube de la médecine qui vous regarde, vous, en tant qu’individu.

4.2 Évaluation du risque global

Le cholestérol n’est qu’un élément parmi d’autres. L’évaluation du risque cardiovasculaire global intègre :

  • L’âge et le sexe

  • Le tabagisme

  • La tension artérielle

  • Le diabète

  • L’inflammation (hs-CRP)

  • La Lp(a)

  • L’ApoB

  • Les antécédents familiaux

Des outils comme le score PREVENT-2 permettent une stratification plus précise du risque.

4.3 Quatre profils en 2026

Marc, 52 ans : Non-fumeur, légèrement en surpoids. Son père a fait un infarctus à 65 ans. LDL-C : 140 mg/dL. Lp(a) : 80 mg/dL (élevée). Cette combinaison le fait basculer vers un risque élevé. Stratégie : mesures hygiéno-diététiques intensives + statine de faible à moyenne intensité.

Hélène, 63 ans : Infarctus il y a 6 mois. Sous Atorvastatine 80mg + Ézétimibe 10mg. LDL-C de contrôle : 65 mg/dL. Objectif en prévention secondaire : < 55 mg/dL. Elle n’est pas à l’objectif. Stratégie : ajout d’un inhibiteur de PCSK9 oral.

David, 28 ans : Sportif, sans symptômes. Oncle décédé d’infarctus à 42 ans. LDL-C : 250 mg/dL. Diagnostic : hypercholestérolémie familiale. Lp(a) : 150 mg/dL. Il cumule deux facteurs de risque génétiques majeurs. Stratégie : traitement maximal d’emblée (statine haute dose + ézétimibe + inhibiteur de PCSK9).

Sophie, 58 ans : Ménopausée depuis 5 ans. Prise de poids, tension limite. LDL-C : 135 mg/dL, triglycérides en hausse. ApoB élevée. Approche : prise en charge globale du syndrome métabolique. Stratégie : conseil diététique ciblé + activité physique régulière + statine si le risque global le justifie.

Infographie sur le check-up lipidique 2026 avec les tests recommandés et la fréquence de suivi.
Check-up lipidique 2026 : les examens à demander pour une évaluation précise.

Partie 4.4 : À demander à votre médecin : les examens essentiels en 2026

Maintenant que vous comprenez la complexité du risque lipidique, voici les examens que vous devriez demander à votre médecin. Ne vous contentez plus du bilan lipidique basique.

Les examens incontournables :

1. Le bilan lipidique classique (à faire au moins une fois)

  • Cholestérol total

  • LDL-cholestérol

  • HDL-cholestérol

  • Triglycérides

2. L’Apolipoprotéine B (ApoB) ⭐ Nouveau standard en 2026

  • Meilleur marqueur du nombre de particules athérogènes

  • À demander si : vous avez un risque cardiovasculaire, un diabète, un syndrome métabolique, ou des antécédents familiaux

  • Objectif : généralement < 80 mg/dL en prévention primaire, < 60 mg/dL en prévention secondaire

3. La Lipoprotéine(a) (Lp(a)) ⭐⭐ À faire UNE FOIS DANS SA VIE

  • Facteur de risque génétique majeur

  • Déterminé à 90% par vos gènes

  • À demander : une seule fois suffit, quel que soit votre âge

  • Résultat normal : < 50 mg/dL

  • Résultat élevé : > 50 mg/dL (1 personne sur 5 est concernée)

  • Important : Si élevée, cela change votre stratégie thérapeutique

4. La protéine C-réactive ultrasensible (hs-CRP)

  • Marqueur de l’inflammation chronique

  • À demander si : antécédents cardiovasculaires, risque élevé, ou symptômes inflammatoires

  • Résultat normal : < 1 mg/L

  • Résultat élevé : > 3 mg/L (augmente le risque indépendamment du LDL-C)

5. La glycémie à jeun et l’HbA1c

  • Évaluer le risque de diabète et le syndrome métabolique

  • À demander : systématiquement après 40 ans ou si surpoids

6. Le profil lipidique complet (si disponible)

  • Particules LDL (taille et nombre)

  • HDL fonctionnel

  • Ratio apoB/apoA1

  • Disponible dans certains laboratoires spécialisés

Fréquence de suivi recommandée :

  • Prévention primaire (pas d’antécédents) : tous les 5 ans

  • Prévention primaire à risque élevé : tous les 1-2 ans

  • Prévention secondaire (après infarctus/AVC) : tous les 3-6 mois initialement, puis tous les 6-12 mois

  • Sous traitement : vérifier l’efficacité du traitement 4-12 semaines après le début ou une modification

Conseil pratique : Imprimez cette liste et apportez-la à votre médecin. Dites-lui que vous souhaitez une évaluation du risque lipidique moderne, pas seulement un LDL-C. La plupart des médecins apprécieront cette démarche proactive.

Nutrition et mode de vie

5.1 Le problème n’est pas le gras. C’est le métabolisme.

Pendant 40 ans, on vous a dit : « Mangez moins de gras. » Cela a échoué. L’épidémie d’obésité et de diabète n’a fait que s’aggraver.

Pourquoi ? Parce que la vraie question n’est pas la quantité de gras. C’est la qualité.

Les graisses saturées naturelles (beurre, fromage) ont un impact modeste. Les graisses trans industrielles (présentes dans les produits ultra-transformés) sont réellement délétères. Les graisses insaturées (huile d’olive, poissons gras, noix) sont protectrices.

Voici la phrase que vous devez retenir :

« Vous n’avez pas besoin de moins de gras. Vous avez besoin de moins de sucre et de produits ultra-transformés. »

C’est la vraie révolution nutritionnelle. Les sucres simples et les glucides ultra-raffinés élèvent les triglycérides, favorisent l’insulinorésistance et la stéatose hépatique. Un régime méditerranéen ou DASH, riche en fibres solubles, fruits, légumes et grains entiers, est plus efficace qu’une simple restriction des graisses.

5.2 L’activité physique et l’arrêt du tabac

Au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée par semaine améliore le profil lipidique, réduit l’inflammation et augmente le HDL-C fonctionnel.

L’arrêt du tabac reste la mesure de prévention la plus efficace.

Conclusion : Un nouveau monde

Vous avez maintenant compris quelque chose que 95% de la population ignore encore :

Le cholestérol n’est pas votre ennemi. C’est votre contexte qui détermine votre risque.

Vous avez compris que :

  • Le cholestérol alimentaire n’est pas le problème.

  • Les statines ne sont pas des poisons, mais des outils puissants à utiliser intelligemment.

  • Votre génétique (Lp(a), hypercholestérolémie familiale) peut être un facteur de risque majeur que le mode de vie seul ne peut pas compenser.

  • La médecine moderne ne traite plus un chiffre sur un bilan. Elle traite un profil, un risque, une personne.

Et voici le message le plus important :

Aucun marqueur, même l’ApoB ou la Lp(a), ne prédit à lui seul votre destin cardiovasculaire. Les seuils de traitement restent des conventions basées sur des données populationnelles. Le risque est probabiliste, pas déterministe.

Votre médecin doit adapter ces recommandations à votre contexte personnel unique.

En 2026, la vraie révolution n’est pas une nouvelle molécule. C’est une nouvelle façon de penser.

Nous passons d’une médecine de seuils universels à une médecine de profils individualisés. Nous passons d’une approche « un traitement pour tous » à une approche « le bon traitement pour vous ». Nous passons d’une médecine qui traite un chiffre à une médecine qui traite une personne.

C’est cela, la médecine de précision.

Et c’est là que réside la plus grande révolution de toutes.

Vous ne lirez plus jamais une analyse de cholestérol de la même façon.


Références

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[3] Patel SB, et al. American Association of Clinical Endocrinology Clinical Practice Guideline on Pharmacologic Management of Adults With Dyslipidemia. Endocrine Practice. 2025;31(2):P236-262. https://www.endocrinepractice.org/article/S1530-891X(24)00691-8/fulltext

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[7] Newman CB, et al. Statin Safety and Associated Adverse Events: A Scientific Statement From the American Heart Association. Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology. 2019;39(2):e38-e81. https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/atv.0000000000000073

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[11] National Lipid Association. NLA Scientific Statement on Lipoprotein(a). 2024.

[12] The Guardian. The truth about cholesterol: 12 things you need to know. 2025. https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2025/mar/23/truth-cholesterol-12-things-you-need-to-know-eggs-weight-statins


Article rédigé par le Dr Michel Bensadoun,
L’auteur ne déclare aucun conflit d’intérêts concernant cet article.

Note : Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle, notamment pour l’assistance à la rédaction et à l’illustration. Le contenu a été soigneusement relu, validé et complété par l’auteur pour garantir sa fiabilité et sa pertinence.

Important : Cet article n’a pas vocation à remplacer une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite une prise en charge individualisée.

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