Le glaucome, souvent surnommé le « voleur silencieux de la vue », représente l’une des principales causes de cécité irréversible dans le monde. En 2026, avec le vieillissement de la population, cette maladie oculaire chronique est plus que jamais un enjeu de santé publique majeur. Pourtant, une statistique alarmante demeure : plus de la moitié des personnes atteintes ne le savent pas. Entre les informations parfois contradictoires, les avancées thérapeutiques et les promesses de la recherche, il est légitime de se demander : qui croire et que faire ?
Cet article propose un état des lieux complet et accessible sur le glaucome en 2026. Nous aborderons l’ampleur de cette épidémie silencieuse, l’importance capitale du dépistage pour les patients qui s’ignorent, et pour ceux déjà diagnostiqués, nous détaillerons l’arsenal thérapeutique disponible, les modalités de surveillance, ainsi que la gestion des complications.
Points clés :
-
Le glaucome touche plus de 12 millions de personnes en Europe en 2026, mais plus de la moitié l’ignorent, faisant du dépistage un enjeu crucial [1].
-
La maladie est asymptomatique à ses débuts ; le dépistage précoce est la seule arme pour préserver la vision.
-
Les traitements actuels (collyres, laser, chirurgie) ne restaurent pas la vision perdue mais peuvent stopper efficacement la progression de la maladie.
-
Une surveillance ophtalmologique à vie est indispensable pour ajuster le traitement et prévenir la dégradation du nerf optique.
-
La recherche se tourne vers de nouvelles pistes comme les biomarqueurs et l’imagerie pour un diagnostic plus précoce et des thérapies innovantes.

Comprendre les différents types de glaucome
Le glaucome n’est pas une maladie unique, mais un groupe de maladies caractérisées par une atteinte du nerf optique. La classification des glaucomes est importante car elle détermine le traitement et le suivi.
Le glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) est la forme la plus fréquente, représentant environ 90% des cas. Dans cette forme, l’angle de drainage reste anatomiquement ouvert, mais les structures responsables du drainage de l’humeur aqueuse (le trabéculum) deviennent progressivement moins efficaces, entraînant une accumulation de liquide et une élévation de la pression intraoculaire.
Le glaucome par fermeture de l’angle est moins fréquent mais plus dramatique. L’angle de drainage est anatomiquement étroit ou fermé, empêchant le liquide de s’échapper. Cela peut entraîner une augmentation très rapide et importante de la pression intraoculaire, causant une crise aiguë avec douleur oculaire, vision floue et halos. C’est une urgence ophtalmologique qui nécessite un traitement immédiat. Il faut aussi mentionner que le glaucome à angle fermé peut se manifester de façon chronique à bas bruit comme le GPAO, d’ou l’importance d’un examen systématique de l’angle par l’ophtalmologiste.
Le glaucome à pression normale (GPN) est une forme particulière où le nerf optique s’endommage malgré une pression intraoculaire normale. Cette forme est plus difficile à diagnostiquer et représente environ 30% des glaucomes en Europe. Elle suggère que d’autres facteurs, au-delà de la pression intraoculaire, jouent un rôle dans la maladie. La perfusion insuffisante du nerf optique, les facteurs vasculaires (hypotension nocturne, migraines, syndrome de Raynaud), et les troubles du sommeil sont probablement impliqués dans cette forme de glaucome.
Les glaucomes secondaires surviennent suite à une autre maladie oculaire (inflammation, traumatisme) ou à la prise de certains médicaments (corticoïdes).
Les glaucomes congénitaux sont rares et surviennent chez le nourrisson ou l’enfant en raison d’une anomalie du développement de l’angle de drainage.

Le glaucome en 2026 : une épidémie silencieuse
Loin d’être une maladie rare, le glaucome est une pathologie fréquente dont l’impact est souvent sous-estimé en raison de son caractère insidieux. Les données épidémiologiques les plus récentes dessinent le portrait d’un défi sanitaire grandissant.
Des chiffres qui donnent le vertige
Une vaste étude du European Eye Epidemiology Consortium publiée en 2025 a révélé une prévalence du glaucome en Europe de près de 3% dans la population générale, ce qui représente environ 12,3 millions d’individus [1]. La projection pour 2050 anticipe une augmentation de plus d’un million de cas, principalement due à l’évolution démographique. En France, on estime que la maladie concerne environ 2% de la population, avec une forte augmentation avec l’âge, atteignant 4 à 5% après 60 ans et jusqu’à 10% chez les plus de 70 ans [2].
Le chiffre le plus préoccupant reste le taux de sous-diagnostic : plus de 56% des cas de glaucome en Europe ne sont pas identifiés. Ce chiffre grimpe à plus de 80% chez les personnes de moins de 55 ans, soulignant le retard dramatique au diagnostic [1].
Qui est à risque ? Les facteurs à ne pas ignorer
Si tout le monde peut développer un glaucome, certains facteurs de risque augmentent considérablement la probabilité de survenue de la maladie. Les connaître est le premier pas vers une prévention efficace.
| Facteurs de risque du glaucome primitif à angle ouvert | Facteurs de risque du glaucome par fermeture de l’angle |
|---|---|
| Âge > 40 ans (le risque augmente avec les années) | Âge > 50 ans |
| Antécédents familiaux (risque multiplié par 5) | Sexe féminin |
| Origine ethnique (risque 4x plus élevé chez les Afro-descendants) | Origine ethnique (plus fréquent chez les Asiatiques) |
| Forte myopie | Forte hypermétropie (œil anatomiquement plus petit) |
| Pression intraoculaire élevée (facteur de risque majeur) | Antécédents familiaux |
| Diabète, prise de corticoïdes | – |
Source : Association France Glaucome [2]

Le dépistage : la clé pour ne pas être pris au dépourvu
Face à une maladie qui ne se manifeste par aucun symptôme perceptible avant d’avoir causé des dommages irréversibles, le dépistage n’est pas une option, c’est une nécessité. Comprendre pourquoi et comment se faire dépister est fondamental.
Pourquoi plus de la moitié des patients s’ignorent ?
Le glaucome détruit progressivement les fibres du nerf optique, qui transmet les informations visuelles de l’œil au cerveau. Cette destruction commence par la périphérie du champ visuel. Le cerveau, extraordinairement performant, compense cette perte en « remplissant » les zones manquantes. Le patient ne se rend donc compte de rien pendant des années. Lorsque la vision centrale est atteinte et que des difficultés apparaissent, il est souvent trop tard : les dommages sont déjà très avancés et irréversibles.
Qui devrait se faire dépister en priorité ?
Le dépistage du glaucome doit être ciblé et opportuniste, c’est-à-dire saisi lors de consultations médicales régulières. Important : le dépistage n’est pas recommandé en population générale, mais il reste fortement pertinent chez les sujets à risque. Il est recommandé pour tous à partir de 40-45 ans, tous les 2 à 3 ans. Cependant, il doit être beaucoup plus précoce et plus fréquent (tous les ans ou tous les 18 mois) pour les personnes présentant des facteurs de risque majeurs.
Qui devrait se faire dépister en priorité ?
Âge > 40-45 ans : dépistage systématique tous les 2-3 ans
Antécédents familiaux de glaucome : dépistage dès l’enfance et régulièrement
Origine africaine ou caribéenne : dépistage annuel dès 40 ans
Forte myopie (> 6 dioptries) : dépistage annuel
Diabète ou hypertension artérielle : dépistage annuel
Prise chronique de corticoïdes : dépistage annuel

Comment se faire dépister ? Les examens de référence
Un dépistage complet du glaucome ne se limite pas à un seul test. Il repose sur une combinaison d’examens indolores réalisés par un ophtalmologiste :
-
La mesure de la pression intraoculaire (PIO) : C’est l’examen le plus connu. Une PIO élevée est un facteur de risque majeur, mais un glaucome peut exister avec une pression normale (glaucome à pression normale).
-
L’examen du nerf optique : Le médecin observe l’aspect de la tête du nerf optique (la papille) au fond de l’œil, à la recherche de signes d’atteinte glaucomateuse, notamment l’augmentation du rapport cup-to-disc (excavation papillaire).
-
La gonioscopie et l’examen de l’angle : Cet examen crucial permet d’évaluer l’anatomie de l’angle de la chambre antérieure, où s’effectue le drainage de l’humeur aqueuse. Le médecin utilise une lentille spéciale (goniolentille) pour visualiser directement l’angle. Cet examen est essentiel pour différencier un glaucome à angle ouvert d’un glaucome par fermeture de l’angle, car ces deux formes nécessitent des traitements complètement différents. Une étroitesse de l’angle peut prédisposer au glaucome aigu par fermeture d’angle et justifier une prévention par iridotomie laser.
-
Le champ visuel : Cet examen permet de cartographier l’ensemble du champ de vision et de détecter des zones de sensibilité réduite, même si le patient ne les perçoit pas.

-
L’OCT (Tomographie par Cohérence Optique) : En 2026, cet examen est devenu le pilier du suivi du glaucome. Il mesure quantitativement l’épaisseur de la couche des fibres nerveuses rétiniennes (RNFL) et de la macula ganglionnaire (GCL). L’OCT est souvent plus sensible que le champ visuel aux stades précoces de la maladie et permet un suivi longitudinal précis. Cependant, comme tous les examens, l’OCT n’est pas exempt de limites :
-
Possibilités d’artéfacts,
-
de faux positifs,
-
de difficulté en cas de myopie forte ou de nerf optique dysversiques (Il s’agit d’un nerf optique de forme ou d’aspect atypique dès la naissance, lié à une variation anatomique congénitale, et non à une maladie évolutive comme le glaucome), C’est une source de faux diagnostics de glaucome, d’où l’importance du suivi dans le temps.
-
dépend de la répétition des mesures, et doit toujours être interprété dans le temps, jamais isolément.
-
-
La pachymétrie : Mesure de l’épaisseur de la cornée, qui permet d’affiner l’interprétation de la mesure de la PIO.
Important à comprendre : La pression intraoculaire (PIO) est la pression du liquide qui se trouve à l’intérieur de l’œil, l’humeur aqueuse. Une PIO élevée n’est pas une maladie en soi, mais elle est le seul facteur de risque modifiable démontré à ce jour du glaucome. Bien qu’elle n’explique pas tout, toutes les grandes études montrent que sa baisse réduit le risque de progression, y compris dans les glaucomes à pression normale. Cependant, un glaucome peut survenir avec une pression normale, d’où l’importance d’un bilan complet.
Ces examens sont également utiles au suivi et la surveillance du glaucome

Traitements en 2026 : un arsenal thérapeutique en évolution
Il est crucial de le répéter : aucun traitement actuel ne peut restaurer la vision perdue à cause du glaucome. L’objectif de tous les traitements est unique : faire baisser la pression intraoculaire pour stopper ou ralentir la progression de la maladie et préserver la vision restante. En 2026, l’arsenal thérapeutique s’est enrichi de nouvelles options, offrant plus de flexibilité et d’efficacité.
Les collyres : le traitement de première ligne, mais avec des nuances
Le traitement initial repose quasi systématiquement sur l’instillation quotidienne de gouttes (collyres) dans les yeux. Plusieurs classes de médicaments existent, les plus courantes étant les analogues des prostaglandines et les bêtabloquants. Ces collyres agissent soit en diminuant la production de l’humeur aqueuse, soit en facilitant son évacuation hors de l’œil. L’efficacité de ce traitement repose sur une observance parfaite : les gouttes doivent être mises tous les jours, à vie.
Une problématique centrale en 2026 : l’observance et la tolérance. Les collyres, même efficaces, peuvent causer des effets secondaires locaux (rougeur, irritation, sensation de brûlure, sécheresse oculaire chronique) ou généraux (ralentissement cardiaque avec les bêtabloquants, par exemple). Les prostaglandines peuvent également entraîner une hyperhemie conjonctivale et des modifications esthétiques (assombrissement de l’iris, allongement des cils). Ces effets indésirables impactent considérablement la qualité de vie et la compliance au traitement. De plus, les conservateurs présents dans les formulations classiques peuvent endommager la surface oculaire à long terme. C’est pourquoi les collyres sans conservateurs sont de plus en plus prescrits, améliorant significativement la tolérance et l’observance.
Le vrai problème n’est pas le traitement, mais son utilisation dans la vraie vie. L’observance des collyres est mauvaise chez 30 à 50% des patients glaucomateux, et elle conditionne beaucoup plus le pronostic réel que le choix du collyre lui-même. Oublier une goutte, ne pas la mettre au bon moment, ou arrêter le traitement sans avis médical peut entraîner des pics dangereux de pression intraoculaire.
À retenir :
Les collyres sont le traitement de base du glaucome dans 80-90% des cas.
L’observance est la clé du succès : une goutte oubliée peut entraîner des pics de pression dangereux pour le nerf optique.
Les collyres sans conservateurs sont à privilégier pour améliorer la tolérance à long terme.
Des effets secondaires locaux (rougeur, irritation) ou généraux peuvent survenir et doivent être signalés au médecin.
Des combinaisons de plusieurs molécules dans un seul flacon existent pour simplifier le traitement.
Le laser : de plus en plus une option de première ligne
Lorsque le traitement par collyres est insuffisant, mal toléré ou que l’observance est difficile, le laser constitue une excellente alternative. Mais en 2026, le laser n’est plus réservé au second choix. Cette évolution de pratique est majeure. De plus en plus, la trabéculoplastie sélective au laser (SLT) est proposée comme traitement initial, notamment chez les patients peu observants, intolérants aux collyres, ou préférant éviter un traitement quotidien à vie. Cette évolution reflète une meilleure compréhension de l’importance de l’observance et une volonté de proposer des alternatives durables.
La SLT est rapide et indolore. Elle consiste à stimuler les cellules responsables de l’évacuation de l’humeur aqueuse pour améliorer son drainage et ainsi diminuer la pression. Son efficacité peut durer plusieurs années et la procédure est répétable. Des études récentes montrent que la SLT peut être aussi efficace que les collyres prostaglandines, avec l’avantage de ne pas nécessiter une observance quotidienne.
La chirurgie : des MIGS aux interventions classiques
La chirurgie est réservée aux cas où les médicaments et le laser ne parviennent pas à contrôler la pression intraoculaire ou lorsque la maladie continue d’évoluer. En 2026, l’arsenal chirurgical s’est diversifié avec l’émergence des MIGS (Micro-Invasive Glaucoma Surgery), des interventions moins invasives que la chirurgie classique.
Les MIGS incluent des implants comme l’iStent, le Hydrus. Ces dispositifs créent une nouvelle voie d’évacuation pour l’humeur aqueuse, avec moins de complications que la chirurgie traditionnelle. Leurs avantages majeurs sont la faible invasivité et la possibilité de les associer à la chirurgie de la cataracte, très fréquente chez les patients glaucomateux. Les MIGS sont indiqués dans les formes débutantes et modérées
La chirurgie classique reste indispensable dans les cas plus sévères. Les interventions les plus courantes sont la trabéculectomie ou la sclérectomie profonde non perforante. Le but est de créer une nouvelle voie d’évacuation pour l’humeur aqueuse. Ces interventions sont plus lourdes et nécessitent un suivi post-opératoire rigoureux, mais elles sont souvent très efficaces pour stabiliser la maladie sur le long terme.
Les MIGS (micro-chirurgies) en 2026 : efficacité modérée mais bon profil de tolérance. Entre le laser et la chirurgie classique, les MIGS occupent une place croissante. Leur efficacité est modérée (baisse de PIO généralement moins importante que la trabéculectomie), mais leur profil de tolérance est excellent, avec moins de complications et une récupération plus rapide. Elles sont particulièrement utiles chez les patients stabilisés sous traitement médical qui souhaitent réduire leur dépendance aux collyres.

Important : les différentes options thérapeutiques ne s’opposent pas, elles se complètent.
Collyres, laser et chirurgie ne sont pas des alternatives exclusives mais des outils complémentaires, utilisés seuls ou en association selon l’évolution du glaucome et le profil du patient.
Par exemple, un laser SLT peut permettre de simplifier ou réduire un traitement par collyres, une chirurgie peut être associée à des collyres à faible dose, et les stratégies sont souvent adaptées dans le temps pour obtenir le meilleur contrôle de la pression intraoculaire avec la meilleure tolérance possible.
Surveillance et complications : une vigilance de tous les instants
Le diagnostic du glaucome marque le début d’un marathon, pas d’un sprint. La surveillance à vie est la pierre angulaire de la prise en charge pour éviter la complication la plus redoutable : la cécité.
La surveillance : un partenariat médecin-patient
Une fois le traitement initié, un suivi régulier est mis en place. Les visites chez l’ophtalmologiste, généralement tous les 6 à 12 mois si la maladie est stable, permettent de s’assurer que la pression intraoculaire cible est atteinte et que la maladie n’évolue pas. Cela implique de refaire périodiquement un champ visuel, une OCT et un examen du nerf optique. Cette surveillance permet d’ajuster le traitement si nécessaire, en ajoutant un collyre, en proposant du laser ou en discutant d’une chirurgie.
Un message clé pour les patients : la stabilité de la pression intraoculaire ne garantit pas l’absence d’évolution. Même avec une PIO mesurée normale le jour de la consultation, une progression structurelle (visible à l’OCT) ou fonctionnelle (visible au champ visuel) peut survenir chez certains patients. C’est pourquoi l’OCT et le champ visuel restent essentiels, même si la PIO semble bien équilibrée.
Les complications : prévenir l’irréparable
La principale complication du glaucome est la perte progressive et irréversible de la vision, pouvant mener à la cécité complète en l’absence de traitement. C’est tout l’enjeu de la prise en charge. Les traitements eux-mêmes peuvent avoir des complications, allant de l’allergie aux collyres aux risques infectieux post-chirurgicaux, mais celles-ci sont rares et généralement bien maîtrisées. Le bénéfice de la prévention de la cécité l’emporte immensément sur les risques thérapeutiques.
Ce qui aide aujourd’hui (même sans traitement curatif) :
Une observance parfaite de son traitement par collyres.
Un suivi régulier chez son ophtalmologiste, au moins tous les 6-12 mois.
Une bonne hygiène de vie : bien que son impact direct soit débattu, une alimentation saine, une activité physique régulière et un sommeil de qualité sont bénéfiques pour la santé vasculaire générale, y compris celle du nerf optique.
Informer sa famille : en raison du caractère héréditaire, inciter ses apparentés (parents, enfants, frères et sœurs) à se faire dépister, notamment s’ils présentent des facteurs de risque.
Gérer le stress : le stress chronique peut influencer la pression intraoculaire chez certains patients.

Idées reçues sur le glaucome
Mythe 1 : « Une pression intraoculaire élevée signifie toujours qu’on a un glaucome »
Réalité : Une pression intraoculaire (PIO) élevée est un facteur de risque, pas une maladie en soi. Certaines personnes tolèrent durablement une PIO élevée sans développer de glaucome, tandis que d’autres présentent un glaucome malgré une pression mesurée dans les normes.
Dans ces situations, la pression peut en réalité fluctuer au cours de la journée et de la nuit, ou être sous-estimée lors de la mesure, notamment en cas de cornée fine. C’est pourquoi le diagnostic de glaucome repose toujours sur l’ensemble du bilan ophtalmologique (nerf optique, OCT, champ visuel…), et jamais sur la seule mesure de la PIO.
Mythe 2 : « Le glaucome provoque toujours des symptômes »
Réalité : Le glaucome est asymptomatique jusqu’à des stades avancés. C’est ce qui le rend si dangereux. Attendre des symptômes avant de se faire dépister est une erreur stratégique.
Mythe 3 : « Une fois traité, le glaucome est guéri »
Réalité : Le glaucome est une maladie chronique. Le traitement contrôle la pression, mais ne guérit pas la maladie. Une surveillance à vie est nécessaire.
Mythe 4 : « Les collyres, c’est pour la vie »
Réalité : Oui, en général. Cependant, certains patients peuvent bénéficier du laser ou de la chirurgie pour réduire ou arrêter les collyres. C’est une discussion à avoir avec son ophtalmologiste.
L’IA et le glaucome en 2026 : ce qui change et ce qui ne change pas
L’intelligence artificielle fait son entrée dans le diagnostic et le suivi du glaucome, mais de manière progressive et complémentaire.
Ce qui change :
-
L’analyse automatisée des images de fond d’œil et d’OCT permet une détection plus rapide des signes de glaucome.
-
Les algorithmes d’IA peuvent prédire la progression du glaucome chez certains patients, aidant à adapter le traitement.
Ce qui ne change pas :
-
Le diagnostic reste clinique et repose sur l’expertise de l’ophtalmologiste.
-
L’IA est un outil d’aide à la décision, pas un remplacement du médecin.
-
La relation médecin-patient, la discussion sur les objectifs thérapeutiques et l’observance restent centrales.
Conclusion
En 2026, le glaucome reste un paradoxe : c’est une maladie que l’on sait diagnostiquer et traiter efficacement pour prévenir la cécité, mais qui continue de progresser en silence chez des millions de personnes. La réponse à la question « qui croire ? » est claire : il faut croire la science et les professionnels de santé. Le message est unanime : le dépistage précoce et régulier, surtout après 40 ans et en présence de facteurs de risque, est la seule stratégie gagnante.
Pour les patients diagnostiqués, l’espoir est réel. L’arsenal thérapeutique permet de contrôler la maladie dans la grande majorité des cas, à condition d’une alliance solide entre le patient et son médecin, fondée sur l’observance et une surveillance à vie. Si la guérison n’est pas encore à l’ordre du jour, préserver sa vision est un objectif tout à fait réaliste. Le véritable ennemi n’est pas le glaucome lui-même, mais l’ignorance et le retard au diagnostic.
Les références ci-dessous ont été sélectionnées pour soutenir les principaux arguments de cet article : l’importance d’un dépistage raisonné et ciblé, en particulier chez les populations à risque, la complexité du diagnostic du glaucome au-delà de la simple mesure de pression intraoculaire, et l’évolution des stratégies thérapeutiques en 2026. Elles combinent des études fondatrices, des recommandations officielles françaises et internationales, et des données actualisées sur l’épidémiologie et la prise en charge. Cette bibliographie n’est pas exhaustive, mais elle reflète une approche critique et pédagogique de la littérature scientifique.
Références fondamentales et épidémiologie
[1] Stuart KV, et al. Prevalence of Glaucoma in Europe and Projections to 2050: Findings from the European Eye Epidemiology Consortium. Ophthalmology. 2025;132(10):1114-1124.
Cette étude majeure de 2025 fournit les chiffres clés sur la prévalence du glaucome en Europe : 3% de la population générale, soit 12,3 millions de personnes. Elle justifie pourquoi le glaucome constitue un problème majeur de santé publique silencieux au sens d’une prévalence élevée et largement sous-diagnostiquée. C’est la source la plus à jour sur la démographie du glaucome en Europe.
Données issues de synthèses institutionnelles et de retours cliniques (non d’une étude épidémiologique primaire). Cette source française confirme que 80-90% des patients glaucomateux reçoivent un traitement médical par collyres, et que plus de 50% des glaucomes restent non diagnostiqués. Elle valide les données épidémiologiques françaises et l’importance du dépistage ciblé auprès des populations à risque.
Recommandations officielles et diagnostic
[3] Haute Autorité de Santé (HAS). Diagnostic et prise en charge de l’hypertonie oculaire et du glaucome primitif à angle ouvert. Recommandations. 2022 (mise à jour août 2025).
Les recommandations officielles françaises de référence. Elles établissent les critères diagnostiques, les facteurs de risque justifiant un dépistage, et les principes de traitement. Comme toute recommandation, elles constituent un cadre général et ne remplacent pas le jugement clinique individuel. C’est la source à consulter pour comprendre ce que les autorités sanitaires françaises recommandent réellement en matière de diagnostic et prise en charge du glaucome.
Source gouvernementale officielle qui rappelle que la prévention du glaucome repose sur un dépistage précoce, notamment chez les sujets à risque. Elle souligne aussi l’importance des mesures générales (alimentation équilibrée, activité physique régulière, prévention des traumatismes oculaires).
Référence d’un spécialiste français reconnu du glaucome. Elle détaille les glaucomes par fermeture d’angle, une forme moins fréquente mais urgente, et justifie l’importance de la goniométrie dans le diagnostic différentiel. Montre que le diagnostic du glaucome dépasse la simple mesure de pression intraoculaire.
Traitement et innovations thérapeutiques
[6] Société Française du Glaucome (SFG). Recommandations sur l’utilisation des implants premium chez les patients glaucomateux. 2025.
Recommandations actualisées de la société savante française sur les MIGS (micro-chirurgies) et les nouvelles technologies chirurgicales. Elle illustre l’évolution de la prise en charge en 2026 et le positionnement des micro-chirurgies comme alternative intermédiaire entre le traitement médical et la chirurgie classique.
Source française de référence sur les médicaments et les traitements du glaucome. Elle fournit des informations pratiques sur les collyres disponibles, leurs mécanismes d’action, et les alternatives thérapeutiques, en langage accessible au grand public.
Classification internationale des différents types de glaucome (angle ouvert, angle fermé, pression normale, secondaires, congénitaux). Elle aide le lecteur à comprendre qu’il n’existe pas une seule maladie appelée « glaucome », mais plusieurs formes nécessitant des approches diagnostiques et thérapeutiques différentes.
Ressources institutionnelles et scientifiques
[9] Société Française du Glaucome (SFG). Recommandations et publications scientifiques. 2025.
Portail officiel de la société savante française, donnant accès aux dernières publications, vidéos éducatives, et recommandations sur le glaucome. C’est la source à consulter pour les mises à jour professionnelles et les débats scientifiques actuels en France.
Article rédigé par le Dr Michel Bensadoun,
L’auteur ne déclare aucun conflit d’intérêts concernant cet article.
Note : Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle, notamment pour l’assistance à la rédaction et à l’illustration. Le contenu a été soigneusement relu, validé et complété par l’auteur pour garantir sa fiabilité et sa pertinence.
Important : Cet article n’a pas vocation à remplacer une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite une prise en charge individualisée.


Laisser un commentaire