Lentigo malin : comprendre le mélanome de Dubreuilh in situ
Une tache brune du visage peut sembler banale, surtout lorsqu’elle est installée depuis longtemps. Pourtant, une tache qui s’étend progressivement, devient irrégulière ou change de couleur mérite un examen médical. Parmi les diagnostics possibles figure le lentigo malin, une forme de mélanome encore limitée à sa couche superficielle, dite in situ. Il apparaît volontiers sur une peau exposée au soleil pendant des années. [1,2]
L’expression « mélanome de Dubreuilh » peut inquiéter, mais elle ne précise pas, à elle seule, si la lésion est invasive. Un lentigo malin strictement in situ correspond au stade 0 : ce n’est ni une simple tache de vieillesse, ni un mélanome déjà disséminé. Le traitement cherche à retirer complètement la lésion et à vérifier l’absence d’un foyer qui aurait envahi les tissus plus profonds. [1–4]
Comment repérer une tache qui mérite un avis sans s’autodiagnostiquer ? Pourquoi plusieurs prélèvements ou une chirurgie en plusieurs temps sont-ils parfois nécessaires ? Et quelle surveillance prévoir ? Voici les repères utiles pour discuter de ces étapes avec le dermatologue.
Les points clés
- Le lentigo malin est un mélanome in situ, distinct du mélanome invasif développé sur lentigo malin.
- Une tache ancienne et plate n’est pas forcément rassurante si elle évolue, même seulement sur une partie de sa surface.
- Le diagnostic repose sur l’examen dermatologique et l’analyse au microscope d’un prélèvement de peau.
- La chirurgie avec vérification des marges reste le traitement de référence ; les alternatives sont réservées à des situations sélectionnées.
- Lorsque la lésion reste strictement in situ et est retirée complètement, le pronostic est très favorable. Un suivi de la cicatrice et de l’ensemble de la peau reste néanmoins utile. [1–4,10]
Qu’est-ce que le lentigo malin ?
Un mélanome in situ, pas une tache bénigne
Les mélanocytes sont les cellules qui produisent la mélanine, pigment qui participe à la couleur de la peau. Dans un lentigo malin, certains mélanocytes sont devenus cancéreux, mais ils demeurent confinés à l’épiderme, la couche la plus superficielle de la peau. Une atteinte des annexes cutanées, notamment de l’épithélium des follicules pileux, peut aussi être observée sans que cela signifie à lui seul une invasion du derme. [2,3]
« In situ » signifie « sur place ». Tant que les cellules tumorales restent dans le compartiment épithélial sans infiltrer le derme, le tissu situé sous l’épiderme, la lésion ne peut pas former de métastases, c’est-à-dire des foyers cancéreux à distance. L’enjeu est donc de ne pas méconnaître un foyer invasif dans une partie non prélevée de la tache, et de ne pas laisser évoluer une lésion sans prise en charge. [1–3]
Lentigo malin et mélanome invasif sur lentigo malin
Lorsqu’une partie des cellules tumorales franchit cette limite et infiltre le derme, on parle de mélanome invasif sur lentigo malin, ou lentigo maligna melanoma. La situation change alors : le compte rendu analyse notamment l’épaisseur verticale de la partie invasive, appelée indice de Breslow, ainsi que d’autres caractéristiques utiles au bilan et au traitement. [2,4]
Il n’y a donc pas d’épaisseur de Breslow à attribuer à un lentigo malin strictement in situ. Deux comptes rendus contenant le terme « Dubreuilh » peuvent correspondre à des situations très différentes : c’est la présence ou l’absence d’invasion dermique qui est déterminante. [2,4]
En deux phrases
Le lentigo malin est un mélanome au stade in situ, limité à l’épiderme et parfois à l’épithélium des annexes cutanées. Le mélanome invasif sur lentigo malin a infiltré le derme : son bilan dépend alors, entre autres, de l’épaisseur de Breslow. [2–4]
L’infographie suivante compare le stade in situ et la forme invasive sur des coupes de peau simplifiées. Elle explique la différence, mais ne permet pas de diagnostiquer une tache : seul l’examen anatomopathologique peut confirmer la présence ou l’absence d’invasion dans le tissu analysé. [2–4]

Pourquoi apparaît-il surtout sur le visage ?
Le lentigo malin est associé à une exposition solaire chronique, c’est-à-dire accumulée pendant de nombreuses années. Il se développe volontiers sur le visage et le cou, mais aussi dans d’autres zones durablement exposées, telles que les oreilles ou un cuir chevelu découvert. Il concerne souvent des personnes âgées et à peau claire, sans que l’âge ou la couleur de peau puissent, à eux seuls, exclure le diagnostic. [1–3]
Les ultraviolets peuvent altérer l’ADN des cellules cutanées. Sur une peau chroniquement exposée, taches pigmentées, kératoses et différents cancers cutanés peuvent coexister. Le lentigo malin peut se fondre dans cet ensemble ; il ne correspond pas nécessairement à la transformation d’un grain de beauté connu. [2,3]
Quels signes doivent conduire à consulter ?
Une tache qui évolue, parfois très lentement
Le lentigo malin se présente souvent comme une tache plane, brun clair à brun foncé, qui grandit ou se modifie progressivement. Ses contours peuvent devenir irréguliers et sa couleur moins homogène, avec des zones plus sombres ou grisâtres. Il peut rester discret longtemps, sans douleur ni gêne. [2,5]
La règle ABCDE propose des repères d’alerte : asymétrie, bords irréguliers, couleurs variées, diamètre et évolution. Ce n’est pas un test diagnostique. Sur un visage marqué par le soleil, un lentigo solaire, une kératose ou une autre lésion pigmentée peut présenter un aspect voisin ; une petite taille n’est pas automatiquement rassurante. [2,5]
Le changement est particulièrement important. Même si une tache est ancienne, une modification limitée à une seule partie mérite un avis : une zone qui devient plus sombre, plus irrégulière ou plus épaisse peut modifier l’évaluation. Des photographies datées peuvent aider le médecin à apprécier l’évolution, mais ne remplacent pas l’examen. [2,5,10]
Une zone qui s’épaissit ou saigne demande une attention particulière
Un épaississement d’une partie de la lésion, l’apparition de nouvelles couleurs, notamment bleue ou noire, une ulcération ou un saignement doivent être signalés. Ces signes font rechercher une composante invasive, mais ne la prouvent pas à eux seuls. Leur absence ne permet pas non plus de l’exclure. [2,5]
Une tache suspecte doit faire organiser un avis sans attendre indéfiniment. Si un rendez-vous dermatologique est difficile à obtenir, le médecin traitant peut aider à l’orientation ; il est utile de signaler tout changement récent ou localisé lors de la prise de rendez-vous. [2,5]

Comment le différencier d’une tache de vieillesse ?
Le lentigo solaire, souvent appelé tache de soleil ou tache de vieillesse, est une lésion bénigne. Le lentigo malin est un mélanome in situ. La proximité des noms ne doit pas faire oublier cette différence. À l’œil nu, les deux peuvent pourtant être difficiles à distinguer. [2,5]
D’autres diagnostics sont possibles, comme une kératose séborrhéique, une kératose actinique pigmentée, une kératose lichénoïde, un nævus mélanocytaire ou d’autres types de mélanome. Le diagnostic médical doit précéder tout traitement esthétique : une méthode destructive employée sur une tache atypique peut compromettre l’analyse de la lésion. [3,5,10]
La dermoscopie aide à choisir les zones à examiner
La dermoscopie consiste à observer la peau avec un instrument grossissant et un éclairage adapté. Chez un praticien formé, elle peut aider l’évaluation et le diagnostic différentiel, en révélant des structures pigmentaires invisibles à l’œil nu. Elle ne confirme toutefois ni le diagnostic de lentigo malin ni une invasion. [2,5]
Sur le visage, le médecin examine notamment la répartition des pigments autour des ouvertures des follicules pileux, les motifs irréguliers et les zones grisâtres. Ces éléments orientent le choix des zones à examiner ; ils ne constituent pas un outil d’autodiagnostic. [5]
La microscopie confocale par réflectance est une technique non invasive qui produit des images de la peau à haute résolution. Dans certains centres spécialisés, habituellement après la dermoscopie, elle peut compléter l’évaluation d’une lésion équivoque, aider à délimiter ses marges ou à cibler une biopsie. Son accès dépend de l’équipement et de l’expertise disponibles. Elle complète, sans remplacer, l’histologie nécessaire pour confirmer le diagnostic sur un prélèvement. [3,6,10]
Pourquoi une biopsie est-elle indispensable ?
L’analyse anatomopathologique, ou histologie, consiste à examiner au microscope un prélèvement de tissu. Elle confirme la nature de la lésion et recherche une invasion ; une photographie ne peut s’y substituer. [2–4]
Lorsque cela est techniquement possible, une biopsie-exérèse retire l’ensemble de la lésion avec une petite marge à visée diagnostique. Ce premier geste ne doit pas être confondu avec l’exérèse thérapeutique, dont les marges sont déterminées une fois le diagnostic établi. Pour une grande lésion du visage, une exérèse diagnostique complète peut imposer une reconstruction ; une biopsie partielle peut alors être préférable. [2,4,7]
Le médecin peut effectuer un ou plusieurs prélèvements partiels dans les zones les plus suspectes à l’examen, à la dermoscopie et, lorsque disponible, à la microscopie confocale. Une biopsie partielle concluant à une lésion « in situ » décrit d’abord le tissu prélevé, pas nécessairement toute la tache. Elle est parfois la stratégie la plus adaptée à une localisation délicate, mais un foyer invasif peut être découvert à l’exérèse complète. Les 16 à 32,5 % de reclassifications invasives rapportés par des études sont des proportions de groupes, non un risque personnel. [2,3,7,10]
À retenir
Une biopsie cherche à répondre à deux questions : « quelle est cette lésion ? » et « une invasion est-elle présente dans le tissu analysé ? ». Sur une grande tache, plusieurs prélèvements ou l’analyse de toute la pièce opératoire peuvent être nécessaires pour obtenir une réponse complète. [2–4,7]
Quel traitement pour le lentigo malin ?
La chirurgie reste le traitement de référence
Le traitement de première intention est l’exérèse complète avec contrôle histologique des marges. Les marges sont les bords de tissu retirés autour de la lésion ; leur analyse vérifie si des cellules tumorales persistent au bord de la pièce opératoire. La chirurgie permet également d’examiner la lésion plus largement et de détecter une éventuelle invasion méconnue. [1,3,4,7,10]
Pour le mélanome in situ, les recommandations de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) citent une marge clinique de 0,5 cm. Dans le lentigo malin, une fourchette de 5 à 10 mm est souvent utilisée comme repère clinique dans d’autres recommandations, mais ne constitue ni une règle universelle ni une garantie d’exérèse complète. La stratégie dépend de la localisation, des contours, de l’extension sous-clinique et de la technique de contrôle des marges ; 5 mm peut être insuffisant, notamment sur la tête ou lorsque la lésion est mal limitée. [1,3,4,7,10]
Les cellules anormales peuvent s’étendre au-delà de la pigmentation visible, y compris dans l’épithélium des annexes cutanées, notamment folliculaire, tout en restant in situ tant que le derme n’est pas infiltré. Les marges analysées doivent donc être indemnes. [2,3]
Pourquoi la chirurgie peut-elle se dérouler en plusieurs temps ?
Au nez, sur une paupière ou près d’une oreille, épargner autant que possible la peau saine est important sur les plans fonctionnel et esthétique. L’exérèse étagée ou cartographiée permet d’analyser progressivement les bords et de retirer seulement les secteurs où des cellules tumorales persistent ; la reconstruction peut être différée jusqu’au contrôle des marges. [1,6,7,10]
La chirurgie micrographique de Mohs, le « slow Mohs » avec examen de tissu fixé puis inclus en paraffine, l’exérèse étagée et d’autres méthodes cartographiées ne sont pas interchangeables. Elles peuvent être discutées dans un centre expérimenté, notamment pour une lésion étendue, récidivante ou mal limitée, ou dans une zone où préserver les tissus est essentiel. Lors d’une chirurgie de Mohs, la partie centrale de la lésion retirée doit aussi être analysée pour rechercher une composante invasive. [1,7,10]
Les recommandations européennes et le consensus de l’International Dermoscopy Society (IDS) publié en 2026 combinent données publiées et avis d’experts ; ce dernier ne remplace pas les recommandations nationales ni l’évaluation du patient. Dans une revue systématique et méta-analyse de 41 études principalement observationnelles, les séries regroupées rapportaient moins de récidives locales avec certaines techniques de contrôle exhaustif des marges qu’avec l’exérèse large conventionnelle. Parmi elles figure Mohs avec immunohistochimie, une méthode de marquage qui aide à repérer les cellules dans le tissu. Ces comparaisons hétérogènes et exposées à des biais de sélection ne démontrent pas une supériorité universelle ni un pronostic individuel. [1,6,10]
Radiothérapie : une alternative dans certaines situations
La radiothérapie utilise des rayonnements pour traiter la lésion localement. Elle est rarement indiquée, mais peut être discutée à visée curative chez certains patients fragiles, lorsque la chirurgie est impossible ou entraînerait une défiguration importante. Elle ne fournit pas de pièce complète pour rechercher une invasion méconnue ; la décision doit être individualisée. [1,3,10]
Un essai clinique de phase III publié en 2025 a comparé radiothérapie et imiquimod chez 126 personnes pour lesquelles la chirurgie n’était pas possible, avait été refusée ou avait échoué selon le registre. La répartition entre les deux traitements était aléatoire : c’est le principe d’un essai randomisé. À 24 mois, il rapportait 12 échecs dans le groupe radiothérapie et 6 dans le groupe imiquimod, sans différence statistiquement significative. [11]
Le recrutement ayant été interrompu précocement, l’essai manquait de puissance, autrement dit de participants pour une conclusion comparative suffisamment précise. Il ne démontre ni la supériorité de l’un des traitements ni leur équivalence. Il apporte des données sur ces alternatives chez des patients sélectionnés, mais ne les comparait pas à la chirurgie. Ces résultats proviennent du résumé publié et du registre ; l’article intégral n’était pas accessible lors de la vérification. [11]
Imiquimod : un recours spécialisé, pas une crème à essayer seul
L’imiquimod est un médicament appliqué sur la peau qui stimule une réponse immunitaire locale. Les recommandations récentes ne soutiennent pas son emploi comme traitement primaire dans des cas non sélectionnés. Il peut être discuté, sous supervision spécialisée, pour certaines situations où chirurgie ou radiothérapie ne conviennent pas, ou dans des contextes particuliers autour d’une prise en charge chirurgicale. [1,8,10]
Pour le lentigo malin, l’utilisation d’imiquimod 5 % est hors des indications de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’Aldara. La rubrique 4.1 du résumé des caractéristiques du produit (RCP) officiel vérifiée le 15 octobre 2026 énumère les verrues génitales et périanales externes, de petits carcinomes basocellulaires superficiels et certaines kératoses actiniques du visage ou du cuir chevelu, mais pas le lentigo malin ni le mélanome. Hors AMM ne signifie ni absence d’intérêt clinique ni efficacité garantie. [9]
La revue systématique consacrée à l’imiquimod rassemble une littérature très hétérogène et majoritairement observationnelle ; elle ne permet pas de proposer un schéma standard. Une réaction locale, avec rougeur, sensations de brûlure, gonflement ou croûtes, peut survenir. [8]
La disparition de la pigmentation ne suffit pas à démontrer l’absence de cellules tumorales à l’examen du tissu, appelée clairance histologique. Parmi les lésions déclarées éclaircies dans cette revue, de nombreuses n’avaient qu’une évaluation clinique rapportée. Le suivi, et parfois une nouvelle biopsie décidée par l’équipe, restent donc nécessaires. Aucune posologie ne peut être déduite de ces données pour un lecteur. [8]
Une surveillance active dans des situations exceptionnelles
Une surveillance active sans traitement immédiat peut être discutée avec une personne très fragile, atteinte de comorbidités importantes, ou pour certaines petites lésions précoces situées hors zone critique. C’est une décision spécialisée et partagée, assortie d’une surveillance clinique et dermoscopique rapprochée et d’une information sur les changements à signaler. Il ne s’agit pas d’une abstention automatique liée au seul âge, ni d’une simple décision de « laisser évoluer » une tache sans suivi. [10]
L’infographie suivante résume le parcours, de la tache suspecte à la surveillance après traitement. La recherche d’une invasion et le contrôle des marges sont centraux ; les alternatives non chirurgicales relèvent de situations sélectionnées.

Quel est le pronostic ?
Un pronostic très favorable lorsque la lésion reste in situ
Un lentigo malin confirmé strictement in situ et traité complètement a un pronostic très favorable. Il ne faut pas lui appliquer les statistiques des mélanomes invasifs ou métastatiques. [1–4]
Le risque de persistance ou de récidive locale justifie néanmoins le suivi. Une pigmentation nouvelle dans la cicatrice ou à proximité mérite d’être examinée : elle n’est pas automatiquement une métastase, ni automatiquement une tache bénigne. L’objectif est de rechercher une éventuelle persistance tumorale et, si nécessaire, une invasion. [2,6,10]
Peut-il devenir invasif si on ne le traite pas ?
Une progression vers un mélanome invasif est possible, mais son rythme et sa probabilité ne sont pas prévisibles avec précision pour une personne donnée. Certaines lésions évoluent lentement ; d’autres comportent déjà un foyer invasif lorsqu’elles sont examinées. [1–3]
Les chiffres publiés ne mesurent pas tous le même événement : évolution au cours du temps, invasion découverte après une biopsie partielle, ou proportion de formes invasives dans des lésions sélectionnées. Les présenter comme un unique « risque à vie » serait trompeur. Une évolution lente ne justifie donc pas, à elle seule, de renoncer à une évaluation ou à une prise en charge. [2,3]
Faut-il un scanner ou rechercher le ganglion sentinelle ?
La biopsie du ganglion sentinelle consiste à analyser un des premiers ganglions qui drainent la région de la tumeur, pour rechercher des cellules tumorales. Un mélanome strictement in situ ne relève habituellement pas de cette procédure. Si une invasion est découverte, la décision se discute selon le stade et notamment l’épaisseur de Breslow. La recommandation ESMO de 2025 est principalement centrée sur le mélanome cutané invasif et formule ses indications de ganglion sentinelle selon l’épaisseur et d’autres caractéristiques de cette forme invasive. [4]
Pour une lésion strictement in situ et sans symptôme évocateur, un bilan de recherche de métastases n’est en général pas indiqué. Si une invasion est découverte, les examens éventuels sont adaptés au stade, au risque et aux symptômes. Concernant le suivi après traitement, ESMO souligne l’absence de consensus sur un calendrier optimal universel et sur l’utilité des examens d’imagerie ou sanguins systématiques ; cela ne signifie pas que ces examens seraient inutiles à tous les stades du mélanome. [4]
Comment surveiller la peau après le traitement ?
Le suivi s’adapte au traitement réalisé, au résultat de l’analyse, aux antécédents et au risque cutané global. Il n’existe pas de calendrier unique à appliquer à tout le monde. Il dépend notamment du stade, des marges, du caractère initial ou récidivant de la lésion et des facteurs de risque ; il peut être prolongé. [2,4,10]
La surveillance porte sur la cicatrice, la peau proche et l’ensemble de la peau. Le dermatologue peut utiliser la dermoscopie et, dans certains centres, la microscopie confocale ; à domicile, l’objectif est de repérer une modification, une nouvelle lésion atypique ou une pigmentation qui réapparaît et de la signaler, non de poser soi-même un diagnostic. [2,10]
La protection solaire reste importante : rechercher l’ombre, porter des vêtements adaptés et un chapeau couvrant, et appliquer un écran solaire protégeant contre les UVA et les UVB. L’écran ne doit pas servir à prolonger volontairement l’exposition. Pour les repères pratiques, notre guide pour choisir une crème solaire peut compléter cette discussion ; après un lentigo malin, les habitudes de protection sont à préciser avec le dermatologue. [12]
Les questions utiles lors de la consultation
- Le diagnostic est-il strictement in situ, ou une composante invasive a-t-elle été identifiée ?
- Le prélèvement analysait-il toute la lésion ou seulement une partie ?
- Comment les marges seront-elles contrôlées dans ma situation ?
- Si une alternative à la chirurgie est proposée, pourquoi est-elle adaptée à mon cas et comment la réponse sera-t-elle vérifiée ?
- Quel suivi prévoir, et quels changements doivent conduire à reconsulter ?
Comprendre le stade sans banaliser la lésion
Le lentigo malin, ou mélanome de Dubreuilh in situ, est une lésion cancéreuse identifiée à un stade où elle n’envahit pas le derme. Cette précision évite deux erreurs opposées : l’assimiler à une tache de vieillesse sans importance, ou imaginer d’emblée un cancer déjà disséminé. [1,2]
Le diagnostic histologique, la recherche d’une invasion éventuelle et le contrôle des marges constituent les étapes décisives. La chirurgie reste la référence, avec des techniques adaptées aux contraintes du visage. La radiothérapie, l’imiquimod et, plus exceptionnellement, une surveillance active ont une place dans des situations sélectionnées, sans équivalence démontrée avec la chirurgie et avec un suivi organisé. [1,8,10,11]
Une tache qui change mérite un avis ; un diagnostic de lentigo malin in situ mérite une explication claire. Ne pas banaliser la lésion, sans dramatiser au-delà du stade réellement établi, aide à prendre une décision informée avec l’équipe soignante. [1,2]
Références
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[3] Ungureanu L, Vasilovici AF, Trufin II, Apostu AP, Halmágyi SR. Lentigo Maligna Treatment—An Update. J Clin Med. 2024 Apr 25;13(9):2527. doi:10.3390/jcm13092527. PMCID: PMC11084749; PMID: 38731056. Disponible sur: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11084749/
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[12] Institut national du cancer. Comment mieux se protéger du soleil ? [Internet]. Cancer.fr [cité le 15 octobre 2026]. Conseils officiels de photoprotection.
Article rédigé par le Dr Michel Bensadoun, L’auteur ne déclare aucun conflit d’intérêts concernant cet article.
Note : Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle, notamment pour l’assistance à la rédaction et à l’illustration. Le contenu a été soigneusement relu, validé et complété par l’auteur pour garantir sa fiabilité et sa pertinence.
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